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  • Butsu Butsu

  • Design graphique contemporain au Japon

  • du 22.11.2023
  • au 24.03.2024
  • commissariat
  • Alexandre Dimos
  • scénographie
  • Pernelle Poyet
  • coproduction
  • Museum für Gestaltung of Zurich
  • Le Signe
  • Gratuit
  • handicap auditif
  • handicap moteur
  • handicap psychique
  • Tous publics

Constituée à partir d’une enquête de terrain, de rencontres et de la récolte de témoignages auprès de designers graphiques, femmes et hommes issus d’une génération née entre 1970 et 1990, la sélection d’objets présentée ici met en lumière la multiplicité et la richesse des pratiques contemporaines du design graphique au Japon. Elle offre au public européen un échantillon d’œuvres originales et inédites, dont la grande majorité n’a jamais été montrée en France.

La figure du designer graphique apparaît au Japon après la seconde guerre mondiale. Dans l’héritage d’artistes d’avant-guerre, nombreux sont les créateurs qui trouvent dans la pratique du design un champ de création nouveau leur permettant de développer un travail personnel. Leurs réalisations, parfois devenues iconiques ont accompagné le développement économique du pays mais également la diffusion de la culture japonaise à travers le monde. Les designers indépendants et les agences de publicité se partagent ainsi les commandes qui, grâce à l’activité économique bondissante, sont nombreuses. Cinquante ans plus tard, qu’en est-il de la production des designers graphiques japonais ? Qu’y a-t-il dans l’interstice se situant entre l’imagerie populaire, qui inonde les sociétés occidentales (manga, animé, musique), et la culture traditionnelle, objet de fascination (artisanat, spiritualité, architecture) ? 

Cette sélection donne à voir la pluralité des pratiques qui couvrent le domaine du design visuel : livres, imprimés, identités et communication visuelle, campagnes publicitaires, animation, vidéo, réalité augmentée, signalétique, scénographie, etc. Ces objets ont été réunis dans le but d’établir une cartographie et de tenter de comprendre ce qui constitue la spécificité même du design graphique japonais.

L’exposition est construite telle une galerie de portraits où chacune et chacun des protagonistes s’attache à affirmer sa singularité, creuse un sillon caractéristique de façon méticuleuse et montre ainsi sa spécificité. Le travail d’atelier, la recherche, l’assiduité, la persévérance et la persistence caractérisent chacun•e des créateur•ices ici présenté·es. Ils et elles travaillent seul, emploient quelques assistant•es ou sont constitués en studio regroupant une dizaine de personnes.

Comme dans la plupart des pays riches et industrialisés, la pandémie de Covid a imposé à chacun•e un temps de pause. Ce temps d’arrêt forcé qu’elles et ils ont traversé, d’autant plus fort dans un pays ayant fermé ses frontières plus de deux années durant, leur a parfois permis de remettre en cause leurs façons de créer et le rapport qu’ils et elles entretiennent avec leur travail de créateur. À l’issue de cette introspection, nombreux sont ceux ayant choisi de se concentrer sur leur activité personnelle. Ils et elles ont souhaité donner davantage de sens à leur pratique. La place des femmes dans la société japonaise a aussi souvent été évoquée. Le désir de plus d’égalité, de reconnaissance dans le monde du travail, de soutien lorsqu’il s’agit de fonder une famille sans nécessairement arrêter son activité, ont été des sujets récurrents lors des nombreux entretiens réalisés pendant le temps de recherche. L’absence de parité homme-femme dans la sélection des designers présentés ici en témoigne.

En quoi la pratique de ces créateur•ices nous informe-t-elle sur nos façons de penser, de créer et d’être au monde ? S’il est certes difficile de connaître processus de production des objets finis montrés ici, il nous faut en imaginer le contexte dans lequel ils ont été créés. Quelle est la méthode employée, comment le sujet et la problématique sont-ils envisagés, comment une image est-elle ensuite créée, construite ? Ainsi, quel est le rapport qui s’établit entre le client (celui qui commande) et chacun•e des designers (celui qui met en forme) au Japon ? La confiance est bien sûr un élément essentiel mais pas seulement. C’est là que se concentrent de nombreux aspects propres à la société japonaise. Car demander à quelqu’un une chose, c’est s’en remettre à lui, lui confier une responsabilité et respecter son savoir-faire.

Butsu Butsu (物物) évoque à la fois la variété la multiplicité des objets et telle une collection, cette sélection subjective a été établie au gré des périgrinations et des rencontres. C’est une des nombreuses portes d’entrée possibles dans le domaine du design. Et ce n’est qu’un tout petit aperçu de la richesse du design japonais.

Avec All Right Graphics Kazunari Hattori Midori Hirota Yoshiaki Irobe Atsuki Kikuchi Kitasenju Design Aiko Koike Daito Manabe Rikako Nagashima Mariko Okazaki Tomohiro Okazaki Shun Sasaki Tezzo Suzuki Mina tabei Yuri Uenishi Bunpei Yorifuji UMA/Design farm Syunichi Suge

Museum für Gestaltung of Zurich La Fondation des artistes Japan Foundation
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