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27e Concours étudiant - Biennale 2025. ©Marc Domage

27e Concours étudiant - Biennale 2025. ©Marc Domage

27e Concours étudiant - Biennale 2025. ©Marc Domage

27e Concours étudiant - Biennale 2025. ©Marc Domage

  • le 27.05.2027

Le 28ème concours étudiant 2027, organisé par le Signe sur le thème “ Frontière, espace et limite ”, dans le cadre de la 6e Biennale internationale de design graphique de Chaumont 2027, s’adresse aux étudiant·e·s en graphisme des écoles d’art, des universités, des écoles/lycées techniques et professionnels, publics et privés, inscrit·e·s pour l’année scolaire 2026-2027. Ces étudiant·e·s peuvent s’associer à des étudiant·e·s d’autres disciplines et dans ce cas, présenteront le projet en tant que collectif.

La date limite d’envoi des projets est fixée au mardi 9 mars 2027.

La date limite de remplissage du formulaire d’inscription (copiez cette adresse dans votre navigateur : https://forms.gle/wjgCPBarJezCjCzw8) est fixée au mardi 9 mars 2027.

Ce concours donne lieu à une exposition de projets sélectionnés et à une remise de prix le samedi 29 mai 2027 dans le cadre de la Biennale de design graphique à Chaumont qui se tiendra à partir du 27 Mai 2027.

Frontière espace et limite

Le terme « frontière » apparaît en français au XIIIe siècle, dérivé du mot « front » et signifiant « faire face à l’ennemi », avant de prendre son sens actuel au XVIe siècle. Il désigne aujourd'hui « un espace d'épaisseur variable, de la ligne imaginaire à un espace particulier, séparant ou joignant deux territoires, en particulier deux États souverains ». ( Wikipedia)

Il existe en effet des frontières qui s’imposent à nous, où la géographie façonne des séparations. Telles une ligne de crête, un trait de côte ou le tracé d'une rivière, ces frontières étaient infranchissables et séparaient des climats différents, donnant lieu à des cultures différenciées. Même les villes traversées par des rivières distinguent clairement le caractère particulier de chaque rive.

Il existe néanmoins des séparations créées artificiellement (souvent) à la suite de conflits humains : on ne compte plus les pays africains dont les frontières suivent un méridien ou un parallèle x ou y. Il y a aussi la Bernauer Strasse à Berlin, la ligne verte à Jérusalem, etc. Ces séparations, souvent doublées de barrières infranchissables au péril de sa vie, signifient le pouvoir d'un groupe sur les habitants impuissants de ces territoires ainsi délimités.

D’autres frontières, comme celles à l’intérieur de l’espace Schengen, portent à beaucoup moins de conséquences et permettent la libre circulation des biens et des personnes. Tels les énigmes de la fin de chaque émission de Karambolage sur Arte, ce sont d’infimes détails qui nous signifient que soudain, on a passé une frontière, qu’on n’est plus autochtone.

Comment est-ce que les notions de frontière et d’espace ont évolué depuis la création de l’Espace Schengen ? Et qu’en est-il des frontières extérieures de cet Espace ? Comment nous, qui nous situons à l’intérieur de cet espace percevons ces différenciations et comment sont-elles perçues par les personnes à l’extérieur ? 

L’étude de ces lignes ou espaces de séparation dans leur contexte historique et géographique, ainsi que dans leur matérialité, peut révéler la nature profonde et évolutive des liens entre les deux territoires séparés ou joints.

La notion d'« entre-deux » commence à émerger.

Aux États-Unis, le mot « frontière » fait partie intégrante du rêve américain, désignant cette zone entre un territoire conquis et l’inconnu, c'est-à-dire le territoire encore à conquérir. Si, au XIXe siècle, il s'agissait du vaste Ouest américain, en 1961, le jeune président J. F. Kennedy parle de la « nouvelle frontière » dans son discours inaugural : « Mais je vous dis que nous sommes devant une nouvelle frontière, que nous le voulions ou non. Au-delà de cette frontière s'étendent les domaines inexplorés de la science et de l'espace, les problèmes non résolus de la paix et de la guerre, les poches d'ignorance et de préjugés non encore réduites, ainsi que les questions laissées sans réponse de la pauvreté et des surplus. »

On passe alors d'un espace entre deux territoires à un agenda politique. Kennedy a osé quitter le domaine de la conquête géographique et culturelle pour aborder des questions sociétales, sans doute dans l’idée qu’il y aurait un avant (la nouvelle frontière) et un après.

En dépit de l’édification croissante de murs par des dominants qui enferment des dominés dans le monde et une polarisation des opinions exprimées dans les médias, des voix s'élèvent dans de nombreux domaines scientifiques, politiques et artistiques pour contrer la notion de « faire face » et d'opposition, et pour concilier des notions différenciées et surtout occuper cet espace entre-deux. Une occupation vivante et en mouvement qui révèle un espace et des frontières fluides.

Le passé vs. le futur, la vérité vs le mensonge, le monde réel vs. le monde virtuel, l’intérieur vs l’extérieur, la culture vs la nature, le global vs le local, la guerre vs. la paix, la femme vs. l’homme, la vie vs. la mort, le premier âge vs le troisième âge, chaise une vs chaise deux, l’utopie vs la dystopie, la finitude vs. l’infini… La liste peut justement être complétée à l’infini.

Chacune de ces notions d'opposition soulève plus de questions qu'elle n'apporte de certitudes et renvoie à d’innombrables discussions et études nourries à leur sujet. Aucun domaine de la pensée et de la création n’échappe à ces questions qui nous touchent dans toutes les approches de la vie sur cette terre.

En revenant aux premiers exemples donnés comme frontières, la ligne de crête, le trait de côte ou le tracé d’une rivière, leur caractère éminemment visuel nourrit l’imagination et la conception de cet espace entre-deux que nous vous invitons à occuper dans un rendu libre pour ce 28e concours étudiant.

Qu’il s’agisse d’une affiche, d’une animation, d’une lettre ou d’un alphabet, d’un son, d’un manifeste, d’une installation, d’une performance - toute forme d’interprétation est admise, en tenant compte que le concours émane de la 6ème Biennale internationale de design graphique et s’inscrit dans le strict respect du règlement du concours ci-joint.